Ils se sont battus - les origines

Avis aux nouveaux lecteurs (et oui, on a de l'espoir) : pour ceux qui n'auraient pas encore découvert cette trilogie en deux films (euh...), vous pourrez trouver le premier épisode ici

PARTIE 1

PARTIE 2

AbYhM - Black & White



Notre petite vie en quelques photos.
Mine de rien, plusieurs lieux sont présents dans ce montage : Paris, Orléans, Nevers, Malesherbe, St Tropez, ...

Ils se sont battus



Un tueur mystérieux à la force surhumaine semble n'avoir qu'une expression dénuée de sens à la bouche. L'énigme de sa phrase fétiche sera-t-elle percée ?

Notre tout premier court-métrage MONTÉ qui nous a valu notre grande popularité ;)

AbYhM

Bienvenue sur le blog de trois cousins inséparables qui font un peu de tout, mais surtout beaucoup de n'importe quoi (la preuve).

Ici, vous trouverez nos films, nos chansons et clips, nos photos, nos textes...

Tout en sachant que ce que nous faisons, c'est uniquement pour s'amuser...
( - Ce qu'il veut dire par là, c'est que ça sera pas toujours très professionnel.
- Ah d'accord, j'avais pas compris)

Bonne visite,

AbYhM

A contresens



A quoi ça sert d'apprendre quinze fois
La putain de vie du roi soleil
Quand on ne nous raconte même pas
Que chaque jour des gosses s'éteignent

Nous parler de la vie d'Staline
Ca peut remplir la connaissance
Mais comparé au grandes famines
Du monde, ça n'a pas d'importance

D'savoir qu'sans une force extérieure
Un objet ne s'arrête pas
C'est bien beau mais ça n'empêchera
Pas les bombes d'être lancées à l'heure


A contresens, j'fais pas c'qu'on m'dit
A contresens, rien que c'que j'ai envie


On apprend sur le bout des doigts
Les noms des présidents d'c't'Etat
Mais de l'actuel on n'parlera pas
Pour dire qu'il vit comme un roi

On nous fait réciter Rimbaud
On nous fait lire Molière, Balzac
Comme si, du fond de leur caveau
Ils avaient encore un impact

Hiroshima c'est déjà loin
Ils sont tous morts et enterrés
Oui mais pour ceux qui sont en train
On fait qu'trois lignes sur un cahier


A contresens, on nous apprend pas la vie
A contresens, on nous la cache jours et nuits


Prophètes, messies, j'en ai soupé
Tout au long de toutes mes années
J'trouve l'histoire du petit Poucet
Bien plus crédible en vérité

Le monde peut bien mourir demain
On parlera toujours du passé
De c'qu'on a fait dans le lointain
Pas de ce qu'on pourrait changer

On nous bourre toujours l'encéphale
Avec des choses passées, finies
Tandis que la Une du journal
Annonce un avenir pourri


A contresens, un beau jour on comprendra
A contresens, que la vie c'était pas que ça

La Geôle

Arraché à ta famille
A ton amour, à ton enfant
Pour t'enfermer derrière une grille
Où tu croupis pour trop longtemps

Combien de temps, combien de jours
Passés à attendre la fin
Tu ne sais plus mais tu attends toujours
Dans ta cellule le lendemain

Notre ami, notre fils, notre père

A quand la fin de cet enfer

Toujours nous t'attendrons, bras ouverts

Notre copain, notre frère

A quand la fin de ce calvaire

On t'attendra, bras ouverts


Tu me dis que tu vis à trois
Dans une pièce de neuf mètres carré
Pourtant j'ai l'impression parfois
Que tu es plus seul que jamais

Tu dors, tu manges et puis tu lis
Car tu n'as plus qu'ça à branler
A part regarder dans ton lit
Quelques photos de ton passé

Car pire que tout, c'est ta famille
Qui semble souffrir plus que toi
Ca te démange, près des pupilles
Quand tu penses à eux seuls sous votre toit


Refrain


Tu n'entendras peut-être pas
Les premiers mots de ton gamin
Mais pour voir ses tout premiers pas
Tu seras là, j'en suis certain

Tu rattraperas le temps perdu
A cause d'une connerie toute bête
Cet épisode ne sera plus
Q'un simple écho dans ta tête

Mais malgré tout, tu penses quand même
Au présent et à la justice
Qui a dépouillé ceux que tu aimes
Sans sentiment, rien que du vice

Refrain

Et parfois même tu t'autorise
A regarder notre vie sans toi
Dans ton petit coeur tout se brise
Ca fait très mal mais tu tiendras


Rien que pour voir la tête des gens
Quand tu sortiras de ta geôle
Leurs petites larmes, leurs airs contents
Bras qui t'enlacent, baisers qui te frôlent


Mais en attendant ce moment
Soit certain que l'on pense à toi
Qui de notre vie es un fragment
Indispensable, on t'attendra

AbYhM Dark

Nous avons aussi un côté sombre (qui ne se révèle que la nuit... Brrrrr)

Une Belle Journée

C'était une belle matinée d'été où j'aurais mieux fait de rester au lit avec ma solitude. Comme tous les matins, je m'extirpais des draps du lit en ronchonnant, les yeux encore mi-clos. J'embrassai ma mère qui préparait le petit-déjeuner, mais pas mon père. Comme il me manquait. Il était parti. "Parti vers l'ouest", avait dit ma mère. Elle avait tenté de m'expliquer pourquoi, mais elle partait souvent dans des récits qui n'avaient aucun sens. Cela m'agaçait un peu. Elle ne réalisait pas que j'avais seize ans et que j'avais l'âge de comprendre. Je me doutais bien qu'il y avait une autre femme la-dessous.

Six heures sonnaient. Le soleil venait de se lever et commençait déjà à éclairer le ciel, parsemé de voiles blancs en coton immaculé. Il faisait beau. Une belle journée s'annonçait.

J'envoyai un "salut" à ma mère et passai la porte d'entrée. A peine arrivé dehors, un vent léger fouetta agréablement mon visage. Il faisait chaud. Si chaud. Et si froid à la fois.

Je descendis la rue, toujours accompagné de la brise qui me sifflait des airs mélodieux à l'oreille. J'allai vers le centre ville. C'est là-bas que je devais retrouver Mariko Harada, une fille de ma classe dont j'étais amoureux depuis une décennie. Elle, bien sûr, n'en savait rien. Mais j'étais bien décidé à ce qu'elle apprenne mes sentiments pour elle aujourd'hui. A force de repousser ce moment, je m'étais promis de faire ma demande ce jour là.
Il est vrai qu'à chaque fois que je l'approchais, il y avait souvent un "problème technique" dans mon élocution. Et même lorsque le "problème" en question était réparé et que je pouvais de nouveau parler, je repoussais toujours ce moment au lendemain.

Mais aujourd'hui était le grand jour. Je ne pouvais plus repousser. Je n'en avais plus envie. J'allais lui parler, lui dire ce que je ressentais en la voyant. Tout.

Six heures et demi. Chaque lundi à cette même heure, Mariko allait acheter le journal pour ses parents. Je me postai donc devant la librairie de Shiro, un vieil ami de mon père, et j'attendis. Deux minutes plus tard, elle arriva. Elle était si belle, ses cheveux sombres s'envolaient au vent et ses yeux ténébreux semblaient refléter la lueur du soleil.

Qu'elle était belle.
Le simple fait de la voir fit battre mon cœur quatre fois plus vite. Le vent cessa de me siffler à l'oreille. Les arbres arrêtèrent de frissonner. Une chaleur insoutenable envahit mon corps. J'avais envie de partir, mais mes jambes ne m'obéissaient plus. Elle s'avança encore un peu plus. Qu'elle était belle. Son parfum fit frissonner mes narines. En me voyant, elle me sorti son plus beau sourire, et me lança un "salut". Il était trop tard pour reculer. Ma bouche parla toute seule et déversa les flots de mes pensées que je retenais depuis des années. Elle rougit. Elle n'en était que plus belle. Puis, j'arrivai au moment crucial. La question qu'un adolescent a le moins envie de poser, pire que "Pourquoi vous êtes tous les deux tout nus dans des sens opposés ?" ou encore "Pourquoi papa est parti avec la voisine ?".
La question ultime : "Veux-tu sortir avec moi ?", ou quelque chose approchant.
Je l'avais posée. Maintenant, la réponse lui appartenait.

Alors, ses petits doigts se refermèrent sur ma main et son sourire devint encore plus resplendissant. Sans un mot, nous nous éloignions de la librairie. Et elle oublia d'acheter le journal...

C'était une si belle journée.

Nous marchâmes ainsi pendant près d'une demi-heure. Au début, nous étions restés silencieux. Nos yeux amoureux parlaient pour nous. Puis nous engageâmes timidement la conversation, parlant de petites choses du quotidien qui n'avaient pas vraiment d'importance. Au fin fond de mon âme, je déclarai que ce moment était le plus joyeux de toute mon existence. La plus belle journée de ma vie.
Je me sentais tout de même un peu idiot. Je me disais que si elle éprouvait les mêmes sentiments pour moi, nous avions perdu beaucoup de temps. Si seulement j'avais eu le courage de lui parler dix ans avant, nous aurions pu nous prendre la main bien plus tôt. Mais, de toute évidence, le passé importait peu. Désormais, seul l'avenir comptait pour moi. Nous allions rattraper le temps perdu. Après tout, nous avions la vie devant nous. N'est-ce pas ?

Il était environ sept heures lorsqu'une alarme aérienne se déclencha. Cela avait été si soudain et bruyant que nos deux mains se lâchèrent. On avait quelque peu l'habitude, car ce genre d'alerte était de plus en plus fréquent, mais nous accélérâmes le pas pour nous diriger vers la maison de Mariko. Soudain, un avion passa juste au dessus de nous. Il volait si bas que le bruit en fut insoutenable. Ça aussi, on en avait l'habitude.

Une demi-heure plus tard, l'alarme s'était arrêtée et nous décidâmes de ressortir pour continuer notre belle promenade. Le ciel était encore plus magnifique qu'avant. Le soleil, à moitié caché par les doux nuages blancs, réchauffait agréablement nos corps d'enfants. Nous nous dirigeâmes vers le parc. Le parfum des fleurs était aussi délectable que la chaleur de l'étoile.

C'était une si belle journée.

Nous nous assîmes sur un banc et je la pris dans mes bras. Et nous restâmes ainsi pendant près d'une heure. C'était parfait.
Au loin, un autre avion, un peu plus gros cette fois, se fit entendre. Mariko et moi n'y prêtâmes aucune attention. Seul comptait désormais notre amour. L'avion s'approcha. Nous nous regardions dans les yeux. Il nous survola. Nos lèvres se touchaient presque. Et puis... Plus rien. Le vide. L'obscurité. Plus rien. La poussière retomba sur nos corps déchirés. On n'entendait plus l'avion. Le parfum des plantes du parc avait laissé place à l'odeur des corps et des maisons calcinées. Le vent avait disparu, emporté dans le tourbillon sans fin de la mort, et le soleil s'était caché derrière l'épaisse fumée grisâtre qui s'emparait peu à peu du ciel.

Mon nom était Kojima Kwan. Je suis mort le 6 août 1945, à Hiroshima.

J'aurais pu haïr le pantin américain qui avait lâché la bombe. J'aurais pu haïr son chef qui lui avait ordonné de le faire, et le chef du chef qui lui avait ordonné d'ordonner, jusqu'à haïr l'humanité entière. Mais non. Cette journée était celle de ma mort, mais je n'éprouvais pas de colère. Car cette belle journée ne l'aurait jamais voulu.

Jack Foss

Parodie du générique de Prison Break

AbYhM

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